Scandale. « La pression populaire était trop forte » : Anatole Géli, anatomie d’une chute

Dans la campagne électorale pour le poste de délégués de la 101e promo, les candidats se poussent au portillon. Déléguez a pu enquêter sur les dessous d'une candidature qui a fait pschitt, sur fond de programme creux et scandale de penchant masculiniste.

Noémie B. et Anatole G., en déjeuner de campagne, avortée très rapidement face aux révélations de « Deleguez ». Photo Deleguez

Le feuilleton n’en finit plus de faire saliver les avides lecteurs de Deleguez, tant les rebondissements s’enchaînent. Cette fois-ci, le rebondissement a un nom, ou plutôt deux : Noémie Barkati et Anatole Géli, qui, selon une exclusivité Deleguez, ont envisagé de déposer leur candidature à leur tour. C’est M. Géli qui se prête aujourd’hui à l’exercice de l’interview, bien qu’il soit arrivé en retard pour notre rendez-vous.

Si l’annonce de cette possible candidature a de quoi surprendre, à commencer par le premier intéressé, les dessous de cette décision sont tout aussi extraordinaires. On plante le décor : lundi 21 septembre, quelques chaises inconfortables, des murs au vert douteux et des pommes de terre tristement abandonnées dans l’assiette. Le RU Châtillon. « J’étais peinard avec ma petite compote pomme-fraise, raconte Anatole Géli, pas avare en détails. Mais on a commencé à scander mon nom, tous les étudiants au RU se sont levés pour applaudir. » Face à une foule aussi unanime, impossible de rester impassible. « La pression populaire était trop forte, raconte-t-il. Le peuple le veut, j’y réponds. »

« Je n’étais pas au courant que je me présentais »

Surprise, pour celui qui vivait une vie paisible loin des caméras et des tapis rouges. « Je n’étais pas au courant que je me présentais, je ne sais pas si ça va aboutir. » Le soupçon plane, comme notre confiance quant au sérieux de la démarche. « Notre ambition, c’est d’effrayer la concurrence » tonne Anatole. Sa colistière Noémie tempère son émotion : « Et du fun aussi, de l’amour. » Une chose est sûre, le duo ne croit pas en ses propres chances. Un oisillon tué dans le nid ? « Si j’ai un mot pour les électeurs et électrices, c’est : ne votez pas pour nous ! », conseille Anatole. Le parallèle avec Coluche semble trop évident, les revendications politiques en moins. « C’est un bras de fer dans lequel nous n’avons pas une seule chance. »

Anatole affirme avoir pleine conscience des enjeux d’un tel mandat, mais son principal chantier reste pour l’instant « de trouver un appartement » pour « arrêter de squatter. » Leur programme, en un mot : « la ligne, c’est qu’il n’y a pas de ligne. Ce n’est pas une ligne tracée à la règle, mais plutôt au compas. » Bref, une campagne de rond décérébré. « De toute manière, je serai sûrement en retard pour déposer notre candidature. »

Candidat mascu

Celui qui fredonne « pour l’honneur des travailleurs, et un monde meilleur » presque machinalement cherche peut-être toutefois à masquer un penchant plus sombre… Au terme d’une enquête éprouvante, Deleguez est parvenu à reconstituer les véritables convictions politiques de l’homme qui s’exhibait fièrement au stand du Parti communiste du Val d’Oise lors de la Fête de l’Huma.

« Bodycount 22 23 », exhibe Anatole sur ses immenses triceps/biceps. Photo Deleguez.

« Je suis officiellement masculiniste » lâche malencontreusement Anatole, pensant la presse hors de portée. Preuve à l’appui, un accoutrement pour le moins étonnant : un tee-shirt arborant le logo « Muscle Infinity ». Face à des accusations fondées, Anatole se défend : « Je suis de gauche, moi. Mais j’avoue que je ne parlerais pas tellement d’accusations, mais plutôt de compliments. » Loin d’être aussi confiant qu’il l’affirme, le duo s’est vu contraint de retirer sa candidature face à l’évidence d’un scandale.