Révélations. Entraînement « quasi militaire », joueurs avec « la boule au ventre » : une reprise sous le signe de l’exigence pour les Dark Foxes

« Dictature », ambiance « militaire », « tacles »... Loin d'un accueil ludique des nouvelles recrues de l'équipe des Renards sombres lillois, « Deleguez » révèle les dessous d'un premier entraînement conduit d'une main de fer par les coachs. Témoignages accablants.

Les dirigeants tentent d'amadouer les joueurs par la célèbre stratégie « du pain et des jeux », au kebab « Aspendos ». Photo Deleguez.

Lundi 28 septembre, véritable reprise des très fameuses équipes des Dark Foxes. Un premier entraînement sous le signe de la joie, l’entrain et la bonne humeur… Sauf que pas du tout. 19h30, presque tout le monde est d’attaque, crampons vissés aux pieds. Celleux arrivé.es avec le bus de 19h35 témoignent de regards de jugement de la part des camarades arrivés à l’heure. « On a direct senti qu’on n’allait pas rigoler », lâche difficilement Jean-Daniel*, joueur de l’équipe.

L’entraînement commence sur les chapeaux de roues, tours de terrain, puis, chez les hommes, par une préparation physique « quasi militaire », explique Arthur-Daniel*. L’étudiant de M1 pensait trouver là l’occasion de se défouler et oublier une journée éprouvante de recherche de scoops. Raté : « Je n’avais plus d’énergie avant même de commencer, je n’ai pas osé hausser le ton en voyant l’air sérieux des leaders. » Il évoque même avoir cru à un « prank par les M2 ».

« Plus personne ne parle »

Mais l’épreuve ne fait que commencer. Les joueurs masculins pensaient peut-être pouvoir enfin se détendre avec un match jovial, ils n’auront qu’un exercice de conservation de balle. Selon les informations recueillies par Deleguez, après quelques minutes de jeu seulement, le coach Melvin B. et son assistant de facto Walid C. réunissent le groupe et imposent le silence. « Quelques conseils, et une consigne », tonne le chef Melvin. « Désormais, plus personne ne parle, à part moi et Walid, parce que la communication au football, c’est le mouvement. »

Les conseils techniques très précis s’abattent en chaîne. Philippe-Daniel se livre : « J’avais joué une ou deux fois avant avec mes cousins au city-stade de Chanteloup-en-Brie, j’avoue que je suis tombé des nues ». Face à tant de sérieux, plusieurs joueurs retiennent leurs blagues et se mettent en action la boule au ventre. Les dix minutes suivantes s’écoulent péniblement dans un silence de mort. Quand le joueur Théophile C. manque de perdre connaissance après un contact particulièrement violent, le match reprend moins d’une minute plus tard. Seuls quelques-uns se risquent à lui adresser un « ça va ? »

Le chemin de croix n’en est qu’au début, les joueurs le découvrent à leurs dépens. La perspective d’un match entre amis s’éloigne à grands pas. Sous une pluie battante, sans une minute de répit, le prochain exercice est mis en place : ce sera quatre attaquants contre deux défenseurs. Ce type d’entraînement, pratiqué uniquement à un niveau professionnel, surprend les étudiants venus se dépenser entre copains.

« Les joueurs n’hésitaient pas à se tacler, à se lancer des piques », assure Stéphane-Daniel*, qui confie avoir réussi à cacher ses larmes grâce à la pluie. L’heure tournant, l’évidence s’impose : le rêve d’une série de matchs définitivement enterré, ne reste qu’une brève confrontation décidée en urgence face au mécontentement grandissant. Interrompue avant la fin, elle a lieu pour certains sur « le synthé », et pour le reste sur le fameux « champ de patates », même pas balisé par des coupelles.

Ambiance maussade

Etienne-Daniel* raconte : « C’est la dictature. Coach Vincent me manque. Ils se prennent trop au sérieux, on a pris un tunnel [sic] de dix minutes sur comment on doit jouer, comme si on était à trois jours du tournoi ». S’il apprécie « avoir mélangé la pluie et la sueur avec les M1 », Daniel-Daniel* évoque même un « SNU ». « C’était censé être ludique, le football est un jeu qu’on est en train de transformer en manœuvre militaire »

L’équipe féminine rapporte à Deleguez un entraînement à l’opposé, « bonne ambiance, avec une bonne énergie », pour Jeanne-Danielle. Mais comme toujours, un horizon limité à un terrain en herbe particulièrement miné, et le rêve de jouer sur le terrain synthétique en tête. « C’est un principe d’égalité », regrette Marie-Danielle*, joueuse de l’équipe.

D’après les informations de Deleguez, des entraînements à un tel niveau d’exigence n’avaient pas eu lieu avant janvier lors de la saison 2025/2026, quelques mois seulement avant la rencontre tant attendue du TFIEJ. Pourtant, ce supposé « manque de sérieux » n’a pas empêché l’équipe masculine d’avoir effleuré le trophée des doigts à Toulouse. Alors, la priorité sera-t-elle donnée au sérieux, ou à la cohésion d’équipe ? L’avenir d’une équipe au fort potentiel tient dans les mains de celui que certains appellent désormais « Melvin Dictador ».

*Les prénoms ont été modifiés, les joueur.euses craignant des représailles des chefs.

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